Célébrons la banlieue à Laval

Célébrons la banlieue à Laval

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Sous le thème Banlieue! vs le monde, la programmation d’été inclut l’exposition de même qu’une série de huit concerts gratuits présentés dans le jardin intérieur de la Maison des arts de Laval.

Dernièrement, j’ai eu le privilège de corriger les épreuves du catalogue de l’exposition Banlieue! ordre et désordre, dont le vernissage a lieu ce samedi 1er août dès 14 h à la Maison des arts de Laval. L’événement est présenté pour souligner le 50e anniversaire de la ville.

Si je parle d’un « privilège » – et là je vous imagine déjà vous dire que  j’ai jamais rien fait de le fun de ma vie –, c’est que le projet m’interpelle particulièrement. Car je n’ai pas peur de le dire ni de remettre à sa place qui s’en moquera pour une énième fois : je suis lavalloise. Et j’ai tout pour confirmer qu’une telle manifestation est importante.

La banlieue tout en arts visuels et en littérature

Les épreuves ont toutefois été corrigées à Montréal.

Les épreuves ont toutefois été corrigées à Montréal.

Les deux commissaires Jasmine Colizza (arts visuels) et Catherine-Cormier Larose (littérature) ont su rassembler des voix révélatrices pour l’exposition. D’un côté, les photos, vidéos, toiles et autres installations de près de 20 artistes présentent leur « version » de la banlieue; un fragment fort de ce qu’elle est. De l’obsession d’une pelouse verte (Stéphanie Beaulieu, Éric Lamontagne) au questionnement sur l’entité familiale (Hillerbrand+Magsamen) en passant par les vestiges historiques (Stéphanie Chalut), on nous éclaire les villes dans l’ombre.

Du côté de la littérature, ce sont Simon Boulerice, Sébastien Dulude, Stéphane Larue, Bertrand Laverdure, Anna Jane McIntyre, Stuart Ross, Hector Ruiz et Marie-Hélène Sarrasin qui signent les textes de la publication. Ces derniers mettent de l’avant le point de vue identitaire de l’exposition. En prose ou en poésie, on affirme que « oui, la banlieue a fait de moi qui je suis ».

Quel que soit le médium utilisé, on révèle avec Banlieue! ordre et désordre l’importance de la banlieue; on ne la dépeint pas comme un lieu insipide : ça fait du bien.

La honte infondée

Laval by the sea, 2014, iPhonographie, Vincent Bédard.

Laval by the sea, 2014, iPhonographie, Vincent Bédard.

Encore ce dimanche, j’écoutais cet homme qui avait donné un concert dans un parc raconter à quel point les gens étaient peu ouverts d’esprit « à Laval ». On parle souvent du 450 – Laval et Longueuil en particulier – comme si une seule caractéristique le définissait au grand complet. Au point où on tend à croire voire à admettre cette insignifiance. Je me surprends parfois à rire jaune quand les gens me demandent d’où je viens. « De trop proche pour que ce soit exotique. »

Et pourtant. De tout le monde que je connais à Montréal, la majorité a grandi en banlieue, y compris 80 % de mes amis proches; l’autre 20 % est de la région. On a le Montréal tatoué sur le cœur facile, mais comme le disait JLO : no matter where I go, I know where I came from.

L’exposition Banlieue! ordre et désordre se tiendra du 1er au 23 août 2015 à la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval, située à quelques pas du métro Montmorency – pas d’excuses. Vous pouvez consulter l’horaire des activités de l’été ici.

Mélanie Jannard

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