Culture

Entrevue avec Navet Confit

C’est avec grand plaisir que j’ai fait partie de l’équipe de rédactrices et rédacteurs du blogue de l’édition 2015 du Festival de musique émergente (FME) en Abitibi-Témiscamingue, La bouche croche. En cet honneur, le gentil Navet Confit m’a accordé une entrevue et il m’a permis de présenter en exclusivité le premier single de son album LOL sur le site du FME.

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Mélanie Jannard : Quand je t’ai croisé l’autre fois au théâtre – ça nous donne un air cultivé –, tu me disais que le nouvel album allait être plus punk. Comment ça, donc?

Navet Confit : Ben en fait c’est un album de punk, mais j’ai jamais été punk. C’est un peu un exercice de style, une façon d’aller à l’extrême, être un peu plus radical qu’avant, dans un esprit assez juvénile, adolescent, niaiseux… Mais tout ça est géré par quelque chose de plus sérieux dans la démarche; c’est pas purement juvénile, mais dans l’esprit, oui. La première fois que t’écoutes Nevermind en cassette : je voulais recréer ça. Je voulais mettre des guitares fortes pis gueuler.

L’idée derrière ce virage-là, ça vient d’une conversation avec mon booker, Guillaume Ruel. On a quand même fait des bons festivals, mais dans des salles, j’ai de la misère à me booker, parce que j’ai comme une réputation de « c’est ben trop fucké! », alors que je considère que je fais de la pop. Ça fait que tant qu’à être barré… C’est une blague, aussi; c’est pour ça que l’album s’appelle LOL.

C’est très exigeant d’enregistrer ça à la journée longue. C’est pas le genre de musique que j’écoute, mais j’aime ça en faire.

MJ : Mais revenons à LOL : pourquoi?  

NC : LOL, parce que c’est comme une joke. Parce que c’est une joke de dire
« lol »; parce que « lol », c’est vraiment passé date, alors ça devient un 8e degré de « lol ».

Y a beaucoup de choses drôles sur l’album, mais y a aussi des choses déprimantes. J’aime les mettre une à côté de l’autre. Le collage que j’avais déjà commencé, avec des chats, vient bien compléter ce que j’ai voulu faire avec l’album. Le côté Internet, c’est une représentation de comment je vois cette façon-là, maintenant, de rencontrer des gens, ou même de vivre. C’est étourdissant, pis c’est pas toujours très reluisant. Ça saute d’un état d’esprit à l’autre. C’est cheap ; y’a beaucoup de cheap sur Internet.  C’est un condensé de comment je me sens, présentement, à l’ère où on vit.

MJ : Et pourquoi avoir choisi « Mannequin de magasin » comme premier single radio – surtout : pourquoi elle se retrouve trois fois sur l’album? […]

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Célébrons la banlieue à Laval

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Sous le thème Banlieue! vs le monde, la programmation d’été inclut l’exposition de même qu’une série de huit concerts gratuits présentés dans le jardin intérieur de la Maison des arts de Laval.

Dernièrement, j’ai eu le privilège de corriger les épreuves du catalogue de l’exposition Banlieue! ordre et désordre, dont le vernissage a lieu ce samedi 1er août dès 14 h à la Maison des arts de Laval. L’événement est présenté pour souligner le 50e anniversaire de la ville.

Si je parle d’un « privilège » – et là je vous imagine déjà vous dire que  j’ai jamais rien fait de le fun de ma vie –, c’est que le projet m’interpelle particulièrement. Car je n’ai pas peur de le dire ni de remettre à sa place qui s’en moquera pour une énième fois : je suis lavalloise. Et j’ai tout pour confirmer qu’une telle manifestation est importante.

La banlieue tout en arts visuels et en littérature

Les épreuves ont toutefois été corrigées à Montréal.

Les épreuves ont toutefois été corrigées à Montréal.

Les deux commissaires Jasmine Colizza (arts visuels) et Catherine-Cormier Larose (littérature) ont su rassembler des voix révélatrices pour l’exposition. D’un côté, les photos, vidéos, toiles et autres installations de près de 20 artistes présentent leur « version » de la banlieue; un fragment fort de ce qu’elle est. De l’obsession d’une pelouse verte (Stéphanie Beaulieu, Éric Lamontagne) au questionnement sur l’entité familiale (Hillerbrand+Magsamen) en passant par les vestiges historiques (Stéphanie Chalut), on nous éclaire les villes dans l’ombre.

Du côté de la littérature, ce sont Simon Boulerice, Sébastien Dulude, Stéphane Larue, Bertrand Laverdure, Anna Jane McIntyre, Stuart Ross, Hector Ruiz et Marie-Hélène Sarrasin qui signent les textes de la publication. Ces derniers mettent de l’avant le point de vue identitaire de l’exposition. En prose ou en poésie, on affirme que « oui, la banlieue a fait de moi qui je suis ».

Quel que soit le médium utilisé, on révèle avec Banlieue! ordre et désordre l’importance de la banlieue; on ne la dépeint pas comme un lieu insipide : ça fait du bien.

La honte infondée

Laval by the sea, 2014, iPhonographie, Vincent Bédard.

Laval by the sea, 2014, iPhonographie, Vincent Bédard.

Encore ce dimanche, j’écoutais cet homme qui avait donné un concert dans un parc raconter à quel point les gens étaient peu ouverts d’esprit « à Laval ». On parle souvent du 450 – Laval et Longueuil en particulier – comme si une seule caractéristique le définissait au grand complet. Au point où on tend à croire voire à admettre cette insignifiance. Je me surprends parfois à rire jaune quand les gens me demandent d’où je viens. « De trop proche pour que ce soit exotique. »

Et pourtant. De tout le monde que je connais à Montréal, la majorité a grandi en banlieue, y compris 80 % de mes amis proches; l’autre 20 % est de la région. On a le Montréal tatoué sur le cœur facile, mais comme le disait JLO : no matter where I go, I know where I came from.

L’exposition Banlieue! ordre et désordre se tiendra du 1er au 23 août 2015 à la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval, située à quelques pas du métro Montmorency – pas d’excuses. Vous pouvez consulter l’horaire des activités de l’été ici.

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